« Et si tout ce que tu juges être un tort chez toi était en réalité un talent ? »

Quand je pose cette question, on me répond souvent d’un air amusé :

« ben alors j’ai plein de talents !!! » sous-entendu « j’ai plein de défauts ».

Je suis plutôt prompte à l’amusement et au rire.

Tu peux m’annoncer une terrible nouvelle, quelque chose d’affreux et il se peut qu’un sourire se pose sur mes lèvres, un sourire de bienveillance, de gratitude, un sourire qui dit que tout peut changer et que ce désespoir dans lequel tu es maintenant ne va pas durer.

Un sourire qui t’invite.

J’ai une capacité phénoménale à l’optimisme, à voir le beau et le bon dans la vie.

Quand j’entends ça, je ne ris pas, je ne souris pas, ça me fait même un peu mal.

J’ai passé des années à croire que je ne valais rien.

En cette période de dénonciation des abus sexuels commis sur les femmes, je peux dire que j’ai été abusée. Mon incapacité à voir une quelconque valeur en moi m’a mise en danger, m’a faite cible.

Mon incapacité à dire non, aussi. Le non n’est pas une option disponible quand tu cherches à te faire aimer à tout prix, à n’importe quel prix, même celui de ta propre dignité.

Bien sûr, je vois tout cela avec le recul d’aujourd’hui. Je sais que cela aurait pu être mieux. Je sais que cela aurait pu être pire. Je ne suis pas là pour juger les évènements passés, juste reconnaitre à quel point j’ai pu fonctionner sur un mensonge.

Le mensonge de ma nullité. Le mensonge de ma transparence. Le mensonge de mon absence totale de valeur.

J’ai grandi avec des parents « normaux » qui faisaient du mieux qu’ils savaient pour élever leurs enfants, avec leurs propres manques, leurs propres difficultés, leurs propres blessures.

Des gens qui ne disent pas à leurs enfants qu’ils les aiment ou sont fiers d’eux.

Parce qu’on ne leur a certainement jamais dit.

Parce que ça leur paraissait peut-être évident.

Être parent, c’est forcément aimer ses enfants (ben, non, en fait. Et ce qui va sans dire va mieux en le disant.)

Des gens qui veulent le mieux pour leurs enfants et les encouragent à suivre leur voie, quelle qu’elle soit et leur disent qu’ils peuvent encore faire mieux.

Vulnérabilité de ma part ?

Hypersensibilité ?

Toujours est-il que j’ai plus gardé le souvenir des mots durs que des mots doux et que dans mon système, cela voulait dire que je ne devais pas être digne d’amour.

Aujourd’hui, je sais que cet amour que j’ai cherché pendant des années, c’est à moi de me l’offrir en premier.

Je m’y attache.

D’abord, ne plus me juger. Ne plus juger mon corps non plus. Ni mes choix.

Reconnaitre qu’il y a finalement peut-être “quelque chose de bien là-dedans”.

L’explorer.

Voir quelles sont mes forces, mes talents, ce qui est facile et naturel pour moi (comme laisser couler ces mots). Ce qui est différent aussi et ne ressemble pas aux autres.

La gentillesse.

La sensibilité (je peux difficilement retenir mes larmes quand je vois quelqu’un pleurer – même dans un dessin animé…).

La vulnérabilité.

Le rire.

L’écriture.

La patience.

La disponibilité.

La soif de découverte.

La curiosité.

Le plaisir de créer.

L’optimisme.

Si tu me demandes si je me trouve belle et si je m’aime à 100%, je te dirai sûrement non. Tout n’est pas encore acquis mais j’ai assurément bien progressé.

Alors, quand toi tu rigoles de te donner tort. Tu glousses de te juger, ça ne me fait pas rire.

J’ai envie de me mettre en colère et de te dire d’arrêter ces conneries de regard biaisé, de te voir enfin telle que tu es !

D’arrêter de te faire plus petite que tu ne l’es.

D’arrêter de te mentir à toi-même.

Il n’y a que toi qui puisses t’aimer de façon inconditionnelle et reconnaitre le cadeau que tu es.

Ne me dis pas que tu ne sais pas.

Ne me dis pas que tu n’es pas un cadeau.

Dis-moi que tu ne l’as pas encore appris, peut-être pas encore totalement trouvé.

Mais, s’il te plait, fais le pas. Fais ce pas vers toi. Fais ce pas vers la grandeur, la splendeur et la phénoménance que TU ES juste en étant toi.

Arrête de valider ces conneries que tu as entendues sur toi.

Arrête de te dire que tu en fais trop ou pas assez.

Arrête de te faire croire que tu ne sais pas ou que tu ne vaux rien.

Peu importe les signes extérieurs, peu importe la réussite.

C’est en allant au-devant de tes blessures et de ces parts d’ombre que tu as enfouies que tu pourras voir ta vérité.

Qui tu es compte. TU comptes.

Et il n’y a que toi qui puisses le reconnaitre.

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